Lorsque la tristesse nous emplit jusqu’aux os et qu’au moment de dire « au revoir » aux nôtres, notre plume tremble, trébuche, craque et pleure de son encre noire, mais ne tombe point, il faut laisser le parfum mélancolique de nos émotions s’évader et embrasser le vent qui siffle à l’heure des adieux. Hommages à nos héros ! Au nom de ces braves, intrépides, vaillants défenseurs du peuple, qui ont dû se sacrifier, se laissant emporter dans le silence de la mort, notre plume ne s’assèche point. On était le 8 janvier 2025 au Point Triple au nord du Bénin. Des terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, en arabe) perpétrèrent une violente attaque contre l’armée béninoise. Acte meurtrier qui a connu la mort d’au moins 28 soldats du pays, les armes à la main. Le métier, leur métier est connu, on le sait, pour en être un à grands risques. Risque de se blesser, risque de s’abandonner et abandonner les siens. Risque de ne plus les revoir, en tout cas, plus dans ce monde. Risque donc, de laisser son âme flotter dans les obombres de la mort. Ils l’ont fait. Ils le savaient. Ils savaient que pour la République, ils devaient tout laisser sur le champ de bataille, même leur âme. Oui, ils l’ont fait. Ils ont défendu la nation béninoise au prix plus fort, laissant femmes, enfants, mais aussi et surtout une patrie qui continuera de pleurer ses enfants que le sort a décidé de sacrifier à l’autel du dévouement. Au moment où ceux qui ont pour habitude de se moquer d’eux sont en train de se pavaner dans les rues du pays sans crainte, eux, ils étaient sous les balles de l’ennemi. Ils étaient au front, repoussant les barrières de ces terroristes. Qui sait, combien sont habituellement blessés parmi eux dans cet exercice régulier ? Combien lâchent la vie, créant un grand vide dans le cœur de leurs familles et proches ? C’est à ce même exercice qu’ils avaient été soumis ce « mercredi noir », 8e jour de janvier. Dieu seul sait qu’ils avaient l’arsenal de défense adéquat capable de s’en sortir. C’est vrai que les traces laissées par les agressions surprises sont plus évidentes que celles que laissent les attaques annoncées. De toute façon, le ver est déjà dans le fruit. Le médecin ne pourra plus rien faire après la mort. Si ce n’est que des paroles de condoléances qui, on le sait tous, ne feront pas revenir les être perdus. Pour certains, c’est un oncle, un frère, un ami, pour d’autres un mari, un époux, un confident et pour d’autres plus fragiles, un géniteur, un modèle de vie, un guide. Que deviendront les enfants de ces braves soldats maintenant qu’ils ne sont plus vraiment là ? Autrefois, absents pour une mission de très longue durée, les enfants le comprenaient, mais absents pour l’éternité, c’est dur pour ces êtres sensibles. C’est dire donc que les simples messages de condoléances d’amis, parents et autres, ajoutés au soutien du gouvernement à leurs descendances représentent peu dans cette épreuve de vie. Et vu qu’aucune aide ne pourra vraiment remplacer le parent perdu, il est donc évident de s’en remettre davantage à Dieu afin que sa miséricorde reste sur les enfants et conjointes quittés. Au nom de votre bravoure, notre plume chantera toujours votre sacrifice.
Elyon GBETO
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