Haut lieu de savoir et d’apprentissage académique et professionnel, où il est essentiel de maintenir des normes élevées en matière de comportement et d’apparence, l’université perd peu à peu ses valeurs éthiques. Depuis plusieurs années, les universités publiques du Bénin sont le théâtre d’une explosion de styles vestimentaires extravagants parmi les étudiants. Des tenues excentriques montrant des parties sensibles du corps ou volontairement déchirées sont de plus en plus visibles dans les couloirs et les salles des amphis des Facultés. Et si, comme dans les écoles, les universités publiques faisaient l’option d’un uniforme pour tous les étudiants de leurs facultés ?
Lieu par excellence où devraient être enseignées les valeurs sociales, l’université est devenue un nid pour des déviants vestimentaires. Au nom de la globalisation, toutes les bêtises que crée la jeunesse est directement targuée de « mode » des temps nouveaux. Si c’est un fait répandu partout dans les rues des villes béninoises, ça ne l’est pas moins dans les universités publiques du pays.
Mises à part les écoles qui ont, depuis le début, opté pour l’utilisation d’un uniforme permettant à leurs étudiants de s’identifier et à la fois de communiquer sur leur établissement, mais également quelques facultés à formation professionnelle, les facultés d’enseignement académique, faisant le plus gros effectif de la masse étudiante, trainent dans du vestimentaire libre. C’est au nom de cette liberté de s’habiller que les étudiants de ces chapelles universitaires se livrent à du bordel.
Le Recteur de l’UAC était pourtant sur le bon chemin …
On se rappelle comme si c’était hier que dans un communiqué en date du 21 octobre 2022, le Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, Pr. Félicien Avlessi avait formellement interdit aux étudiantes et étudiants, le port des jupes taille basse, des pantalons taille basse, des débardeurs, des jupes mini et /ou à fentes exagérées et des tenues décolletées. Ce pendant, cette décision de la première autorité rectorale de l’université suscite de vives réactions, surtout au sein des concernés mais aussi de la population. Cette décision de l’autorité aurait pu, sans nul doute, mettre fin ou ralentir le désordre observé dans le rang des étudiants depuis plusieurs années.
En son temps, des commentaires des étudiants et étudiantes étant contre l’initiative, on pouvait comprendre que les tenues vestimentaires de leurs camarades ne respectent pas le règlement pédagogique des Unités de Formation et de Recherche (UFR) comme l’a dit le recteur mais il n’a aucun impact sur le déroulement des cours. Pour eux, « malgré le fait que les filles portent des habits décolletés, des tenues qu’on juge sexy et que les hommes portent des débardeurs ou pas, n’a jamais empêché le déroulement des activités académiques. Pour mettre fin à une situation de la sorte, il faut pouvoir mettre la main sur le problème que cause cette situation ».
La méthode de réussite de ce projet était pourtant simple …
Exaucé Boko, autrefois en première année à la Faseg avait vu juste. Selon le jeune étudiant, « c’est une très bonne décision. Il faut que chaque faculté ait son uniforme pour qu’il n’y ait plus de tenue bizarre. Ça va limiter la dépravation des mœurs. Et aussi on est dans une université, un lieu public, on ne doit pas ramener l’habillement qu’on a à la maison sur un lieu public. Dès le moment qu’une entité ne possède pas un uniforme obligatoire je crois qu’il n’y a pas lieu normalement de proscrire quelque tenue que ce soit sauf en cas d’atteinte aux mœurs et à la pudeur ».
L’institution d’une tenue commune pourrait éradiquer plusieurs maux dont souffrent nos universités sur le plan éthique. Et vu que ces derniers jours, ça parle régulièrement harcèlement sexuel, qui pourrait être une conséquence de l’habillement, d’une certaine façon ceci pourrait participer à son éradication. L’habit ne fait pas le moine mais ça aide à le connaître dit-on.
Elyon GBETO
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