Du nouveau au Nigeria ! Un jour après son adoption par les deux chambres de l’Assemblée nationale du Nigeria, dominée par le parti au pouvoir, Bola Tinubu, président de ladite nation l’approuve et adopte un nouvel hymne national intitulé: « Nigeria We Hail Thee ». Le projet de loi à l’égard de ce changement avait été introduit à l’Assemblée nationale jeudi dernier et voté à la hâte par les députés nigérians, sans un large consensus national. Un processus rapide pour des projets de loi importants dont l’examen prend habituellement des semaines ou des mois qui semble être mal perçu par certaine population.
Il y a près d’un demi-siècle notamment depuis 1978, L’hymne « Arise, O Compatriots » a été introduit par le gouvernement militaire. Il a été composé à une époque où le pays était secoué par une guerre civile meurtrière. Il appelle les Nigérians à servir leur patrie avec amour et force et à ne pas laisser le travail de leurs héros du passé (être) en vain.
Sans consentement de la majeure partie des citoyens, cet hymne sera remplacé par « Nigeria We Hail Thee » qui a été écrit par Lillian Jean Williams, une expatriée britannique qui vivait au Nigeria à l’époque. La nouvelle version, qui prend effet immédiatement, a été introduite pour la première fois en 1960, lorsque le Nigeria a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne, avant d’être abandonnée par les militaires.
Suite à ce changement, les partisans du nouvel hymne ont estimé qu’il n’était pas normal que le pays ait adopté un hymne introduit par l’armée. « Les hymnes sont des récitations idéologiques qui aident les gens à se concentrer. Il est très triste que l’armée ait modifié l’hymne», déclaration de Frank Tietie, analyste des affaires publiques et rapportéé par Africanews.
Cependant, de nombreux Nigérians se sont rendus sur les réseaux sociaux pour exprimer leur refus de chanter le nouvel hymne national. Parmi eux, figure l’ancienne ministre de l’Éducation et candidate à l’élection présidentielle, Oby Ezekwesili, qui a déclaré que la nouvelle loi montrait que la classe politique du pays ne se souciait pas de l’intérêt public. Selon notre même source, peut-on lire sur le réseau social, ce poste de Mme Ezekwesili: « dans un Nigeria du 21e siècle, la classe politique du pays a trouvé qu’un hymne national colonial contenant des mots péjoratifs tels que “Native Land” et “Tribes” était suffisamment admirable pour l’imposer à nos citoyens sans leur consentement».
Bambo Nestor NOANTI (stg)
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