Tout comme au niveau secondaire, les universités publiques du Bénin sont confrontées à une crise due à l’augmentation rapide du nombre d’étudiants et à la diminution du personnel enseignant. C’est le cas de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), qui enregistre près de 100 000 étudiants pour seulement 800 enseignants permanents, rapporte Gabin Tchaou, secrétaire général du Syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur (Synares), dans un entretien accordé à Matin Libre. Selon lui, cette université est loin de répondre aux normes du Réseau pour l’Excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO), qui nécessiteraient entre 3 200 et 3 500 enseignants.
Cette pénurie affecte la qualité de l’enseignement supérieur et peut compromettre le niveau intellectuel des étudiants. Selon Fraternité FM, la situation est aggravée par la fuite des cerveaux, de nombreux enseignants spécialisés choisissant de travailler à l’étranger. Bien que le gouvernement ait entrepris des réformes depuis 2016 pour recruter plus d’enseignants, seules 200 nouvelles recrues ont rejoint les universités publiques, alors que plus de 250 départs à la retraite ont eu lieu, précise notre source.
Par ailleurs, Gabin Tchaou appelle les autorités à agir pour éviter un effondrement de l’enseignement supérieur béninois. Cependant, une question se pose : à moins de deux ans des élections législatives, le gouvernement de la rupture peut-il faire du secteur de l’enseignement un domaine envié par tous ?
Bambo Nestor NOANTI
