C’est devenu une équation impossible à résoudre pour des milliers de familles : se loger décemment sans s’endetter, dans un pays où les loyers montent en flèche pendant que les salaires, eux, stagnent ou régressent.
Dans nos villes moyennes comme dans les grandes agglomérations, il devient de plus en plus difficile pour un travailleur moyen de payer son loyer sans sacrifier le reste : alimentation, santé, transport ou scolarité des enfants. Parfois, ce loyer représente plus de 50 % du revenu mensuel. Une folie économique devenue normale.
Le problème, c’est un mélange explosif : l’urbanisation rapide, une spéculation immobilière non régulée, des propriétaires qui veulent rentabiliser à tout prix, et un pouvoir d’achat en chute libre. Pire, le statut précaire de nombreux locataires rend toute négociation impossible : soit tu paies, soit tu dégages. Et avec la rareté des logements abordables, beaucoup finissent par accepter l’inacceptable.
Résultat : des familles entières s’entassent dans des maisons mal construites, sans confort, parfois sans eau courante ni électricité. D’autres vivent à crédit, s’endettent pour payer le propriétaire, ou changent constamment de quartier pour fuir les augmentations abusives.
Mais ce problème n’est pas qu’économique. Il est aussi social et psychologique. Mal logé, mal installé, toujours sur le départ… comment construire une vie stable dans ces conditions ? Comment étudier, entreprendre, rêver, s’épanouir quand l’urgence, chaque mois, c’est de trouver de quoi dormir sous un toit ?
Le droit au logement digne est un droit fondamental. Et tant qu’il restera un luxe pour les classes moyennes et populaires, la précarité continuera de miner notre société.
Patrice BIAOU
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