Ce mardi 29 juillet 2025, la salle AGEA de l’École doctorale de sciences de l’ingénieur de l’Université d’Abomey-Calavi a servi de cadre à un moment de grande portée scientifique : la soutenance de thèse de doctorat de Monsieur Soubérou Gbèdossou SALOUFOU, dans la spécialité Génie Civil, option Matériaux et Structures. Une cérémonie solennelle ponctuée d’émotion, de reconnaissance et de fierté collective, au terme de laquelle l’impétrant a été proclamé Docteur avec la mention Très honorable et les félicitations du jury.
Intitulé « Élaboration d’un composite à matrice cimentaire éco-efficace à base de cendre de balle de riz et de fibre de gousse de mil : caractéristiques mécaniques et thermiques », ce travail s’inscrit dans une dynamique mondiale de transition vers des matériaux plus durables, adaptés au changement climatique et aux besoins locaux. En combinant des déchets agro-industriels – la balle de riz réduite en cendre et la fibre de gousse de mil – le doctorant a mis au point un écomatériau aux propriétés thermiques et mécaniques performantes.
«Nous avons un défi commun : celui de construire durablement, avec du confort thermique, et une faible empreinte carbone. Cette thèse s’y inscrit parfaitement », a déclaré son encadreur, Dr Valéry DOKO, visiblement ému par le parcours de son étudiant.
Et pour cause, les résultats issus des essais en laboratoire sont sans appel :
une amélioration significative de l’isolation thermique (réduction du coefficient de conductivité thermique jusqu’à 50 %) ;
une résistance mécanique adaptée pour les constructions non porteuses ;
et surtout, une valorisation locale de matériaux jusqu’ici considérés comme déchets agricoles.
Selon le Dr Doko, le mérite de l’impétrant réside aussi dans sa rigueur exceptionnelle, malgré une activité professionnelle à plein temps :
«Il a su allier travail, planification et discipline. C’est un exemple à montrer à toute la jeunesse académique du Bénin. On peut être professionnellement actif et produire une recherche scientifique sérieuse, même en sciences de l’ingénieur. »

Les applications proposées par l’impétrant touchent des domaines aussi divers que la fabrication de blocs, d’enduits, d’entrevous, voire de faux plafonds, avec un matériau qui se distingue par sa légèreté, sa faible conductivité thermique, sa simplicité de mise en œuvre et ses qualités environnementales. Il s’agit là d’une innovation prometteuse pour le secteur du bâtiment, notamment dans les zones rurales ou les programmes de logement social.
Le jury, présidé par le Professeur Mohamed Djibigayé, député honoraire, a salué unanimement l’originalité, la pertinence et la maîtrise du sujet présenté, ainsi que la publication de certains résultats dans des revues internationales indexées.
Présent dans la salle, le maire de Dangbo, Maoudo Djossou, n’a pas caché son émotion, saluant à la fois l’excellence technique et le sens de l’esthétique du nouveau docteur, qui a contribué à l’embellissement architectural de la mairie de Dangbo à travers l’usage intelligent de matériaux locaux.

«Il a du goût du beau, et il fait du beau. Il prépare tout le monde à la résilience au changement climatique. »
Cette thèse, à la croisée des chemins entre recherche scientifique, innovation écologique et valorisation des ressources locales, sonne comme une alerte et une inspiration : il est possible d’inventer autrement, de bâtir autrement, et surtout, de penser autrement le génie civil africain, en le rendant plus résilient, plus local, plus responsable.
Soubérou Gbèdossou SALOUFOU ne devient pas seulement docteur. Il entre dans le cercle restreint des chercheurs qui réconcilient la science et la conscience. Un message fort envoyé à toute la jeunesse universitaire : on peut rêver grand, même en construisant avec du simple… et du local.
Rappelons que le nouveau Docteur, est le Directeur des Services Techniques de la mairie de Dangbo
