COUR CONSTITUTIONNELLE : Le 3e Mandat, finalement à la barre !

Le débat sur l’éligibilité de Patrice Talon pour la présidentielle de 2026 enflamme les discussions au Bénin. La Cour Constitutionnelle a été saisie pour clarifier la portée de la révision constitutionnelle de 2019. Christian E. Lagnidé, ancien ministre et acteur politique, demande des réponses sur deux points majeurs. Nouvelle République ou non ? Troisième mandat ou continuité ? Le verdict attendu sera déterminant pour l’avenir politique du pays.

Entre multiples appels à un troisième mandat du Président et les contestations perpétuelles, le débat sur l’éventualité d’un troisième mandat présidentiel au Bénin se retrouve désormais devant l’instance suprême de la justice constitutionnelle. Christian E. Lagnidé, ancien ministre et figure connue de la scène politique, a décidé de saisir la Cour Constitutionnelle. Par une requête officielle, il interpelle cette institution sur deux problématiques qui touchent le cœur des réformes récentes : le Bénin est-il entré dans une nouvelle République avec la révision de la Constitution en 2019, et Patrice Talon est-il éligible à la présidentielle de 2026 ? En effet, pour certains, la révision de la Constitution reflète une transition vers une « nouvelle République » non formellement déclarée, mais bien actée dans les faits. La question fondamentale reste donc : cette révision a-t-elle mis fin à l’ordre institutionnel de la précédente République, ouvrant ainsi un nouveau cycle juridique et politique ?

Au cœur du débat se trouve la figure de Patrice Talon, dont le parcours politique reste au centre des discussions depuis son accession au pouvoir en 2016. Alors qu’il avait catégoriquement rejeté l’idée d’un troisième mandat dans ses déclarations publiques, l’interprétation des articles 42 et 157 alinéa 3 de la Constitution révisée de 2019 ravive la polémique. Ce nouveau cadre institutionnel pourrait bien ouvrir la voie à un second mandat dans le cadre de cette « nouvelle République », indépendamment des mandats exercés dans l’ordre institutionnel précédent. En d’autres termes, Patrice Talon pourrait alors, si tout s’avérait, sur une base légale, briguer un nouveau mandat en 2026 sans violer les dispositions actuelles de la Constitution.

Les enjeux de cette requête sont alors immenses. Si la Cour valide l’interprétation d’une nouvelle République, Patrice Talon pourrait, légalement, solliciter un second mandat. Dans le cas contraire, sa candidature serait en contradiction avec les principes constitutionnels précédents. Mais au-delà des cas individuels, c’est la stabilité institutionnelle du pays qui est en jeu. « Que dira la Cour Constitutionnelle ? », s’interroge l’opinion. La réponse est attendue avec impatience. Elle déterminera non seulement l’avenir immédiat de Patrice Talon, mais aussi l’équilibre démocratique du Bénin. Cette décision ne sera pas anodine. Elle marquera un tournant dans la perception des réformes institutionnelles et dans la confiance du peuple envers ses institutions.

Le pays retient son souffle. La Cour Constitutionnelle a entre ses mains un moment d’histoire, car si le « troisième mandat » est officiellement à la barre, c’est aussi l’avenir démocratique du Bénin qui est aujourd’hui en jeu.

José Pascaël AGBO

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