Satisfait des premières orientations affichées par le Président Romuald Wadagni, confiant dans l’expérience de Patrice Talon à la tête du Sénat et particulièrement attentif à l’impact de la croissance sur les populations du Septentrion, Adam Chabi Bouko ne cache plus ses attentes. Coordonnateur communal du Bloc républicain à Pèrèrè et l’un des jeunes acteurs ayant fortement œuvré en faveur de l’accession de Romuald Wadagni à la présidence de la République, il livre une lecture engagée mais sans détour des premiers pas du nouveau pouvoir.
Pour ce jeune acteur politique, les premiers signaux envoyés par le gouvernement Wadagni sont plutôt rassurants. Il cite notamment le réchauffement des relations diplomatiques avec plusieurs pays, les mesures annoncées dans le secteur de la santé, la gratuité scolaire pour les filles et l’indemnisation des agriculteurs victimes d’aléas climatiques. Des initiatives qui, selon lui, traduisent une volonté d’action déjà perceptible. Mais au-delà des premières mesures, Adam Chabi Bouko appelle surtout à la continuité. « Ce que j’attends maintenant, c’est la continuité dans l’action et surtout des résultats durables qui touchent davantage les populations », soutient-il, estimant qu’il faut laisser au nouveau chef de l’État le temps de dérouler son programme.
Son soutien au Président Romuald Wadagni n’est pas nouveau. Coordonnateur communal du Bloc républicain à Pèrèrè, il fait partie des jeunes militants qui se sont investis sur le terrain pour porter la candidature de l’actuel Président. Aujourd’hui, il revendique une confiance qui, selon lui, doit désormais être confortée par des résultats tangibles. « Il faut lui donner le temps de dérouler son programme », insiste-t-il.
Dans cette nouvelle architecture institutionnelle, l’ancien Président Patrice Talon occupe également une place particulière. Son élection à la présidence du Sénat ne constitue pas, aux yeux d’Adam Chabi Bouko, une source d’inquiétude. Bien au contraire. Après dix années passées à la tête de l’État, son expérience des institutions et des mécanismes de gouvernance pourrait, selon lui, être mise au service de cette nouvelle institution. « Patrice Talon en connaît déjà les rouages de l’État après dix années passées à la tête du pays », relève-t-il.
Mais pour le responsable politique, cette expérience ne saurait dispenser les institutions de jouer chacune pleinement leur rôle. La stabilité recherchée passe, selon lui, par une complémentarité entre les différentes institutions et par la capacité de leurs responsables à inscrire leur action dans la durée.
C’est toutefois sur le terrain économique et particulièrement agricole que ses attentes apparaissent les plus fortes. Pour le Borgou-Alibori, Adam Chabi Bouko plaide pour un changement d’échelle. La région ne doit plus se contenter de produire et d’expédier ses matières premières. Elle doit pouvoir transformer davantage sur place et conserver une part plus importante de la valeur créée.
Le soja constitue pour lui l’un des exemples les plus révélateurs. De Pèrèrè aux autres communes du Borgou, l’enjeu est désormais de permettre aux producteurs de tirer davantage de revenus de leur travail. Cela passe, estime-t-il, par la transformation locale, le développement des infrastructures de stockage et de transport et un meilleur accès au financement. « Notre ambition doit être simple : que le producteur gagne davantage grâce à son travail et que la valeur ajoutée reste davantage dans notre région », affirme-t-il.
Cette vision s’inscrit dans une attente plus large : celle d’un développement moins concentré et davantage réparti sur l’ensemble du territoire. Pour le jeune responsable politique, la volonté de faire émerger plusieurs pôles de développement constitue une opportunité particulière pour le Septentrion.
Lorsqu’il porte un regard sur les deux mandats de Patrice Talon, Adam Chabi Bouko reconnaît une transformation profonde du pays. Infrastructures, assainissement urbain, énergie et réformes économiques figurent parmi les avancées qu’il retient. Mais il identifie également une attente persistante : accélérer la traduction de cette transformation dans le quotidien des populations, notamment dans les zones rurales.
C’est finalement autour de cette question qu’il articule son principal souhait pour le nouveau pouvoir : faire en sorte que la croissance économique se transforme en opportunités concrètes. Le jeune de Pèrèrè, de Parakou ou d’une autre localité du pays doit pouvoir trouver sa place dans cette dynamique, estime-t-il. Emploi, agriculture et économie locale constituent, à ses yeux, les principaux leviers de cette transformation.
À moins de cent jours du début du nouveau mandat, Adam Chabi Bouko refuse donc de tirer un bilan définitif. Son message est davantage celui de la confiance et de l’exigence. Il appelle les Béninois à accompagner le nouveau Président tout en attendant de lui des résultats à la hauteur des attentes. « Nous devons l’accompagner », plaide-t-il, tout en souhaitant que Romuald Wadagni puisse, au terme de son mandat, regarder le chemin parcouru avec le sentiment d’avoir honoré la confiance placée en lui.
Pour celui qui a fait campagne pour son accession au pouvoir, le soutien n’est donc pas un blanc-seing. Il s’accompagne d’une attente claire : que la dynamique engagée se traduise progressivement par des emplois, une agriculture plus performante, davantage de transformation locale et surtout une amélioration perceptible des conditions de vie des populations.
Patrice BIAOU

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