Dans le cadre de l’appui au président du Burkina Faso Ibrahim Traoré, dont le pouvoir est présenté comme vacillant, 80 à 120 militaires maliens et mercenaires russes de Wagner ont quitté le Sahel pour atterrir à Ouagadougou, la capitale burkinabè, entre samedi dernier et ce mardi 18 juin 2024.
Selon les informations rapportées par RFI et recueillies auprès de plusieurs sources, des soldats ont été transportés du Mali vers Ouagadougou. À en croire ces sources, un avion de transport militaire, capable d’accueillir un grand nombre d’hommes et d’importantes quantités de matériel d’une compagnie russe, a fait à quatre reprises le trajet de Gao, dans le nord du Mali, à Ouagadougou entre samedi et lundi 17 juin. Le même appareil a ensuite effectué plusieurs rotations entre Bamako et Ouagadougou depuis lundi 17 jusqu’à ce mardi 18 juin 2024.
Il faut préciser que ce renfort intervient après qu’un obus a été tiré sur le siège de la télévision nationale du Burkina Faso la semaine dernière. Dans ce contexte d’incertitude, le président Ibrahim Traoré est apparu sereinement vendredi, puis brièvement dimanche 16 juin 2024 à l’occasion de la Tabaski sans s’exprimer.
Cette situation suscite d’énormes interrogations. À quoi les Burkinabè peuvent-ils s’attendre à présent ? À ce stade, aucune certitude sur la suite des événements. S’agit-il de protéger le capitaine Traoré d’une mutinerie, voire d’une éventuelle tentative de coup d’État, afin de le maintenir au pouvoir ou d’éviter tout débordement jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour une forme de rectification de la transition burkinabè ? En tout cas, Bamako a envoyé un signal fort à tous ceux qui veulent déstabiliser un pays membre de l’AES.
Bambo Nestor NOANTI (stg)
![]()