Chaque année, le 7 novembre, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de l’écrivain africain. En 2024, la 32e édition de cet événement met à l’honneur la littérature africaine. Après le thème de « littérature et émigration » en 2023, les participants ont cette fois-ci débattu de « littérature, citoyenneté et souveraineté ».
Organisée depuis 1992 par l’Association panafricaine des écrivains (PAWA – Panafrican Writers Association), cette journée vise à mettre en lumière les œuvres littéraires africaines, les conditions de leur création et les défis de leur diffusion. Les pays prennent en charge l’organisation de cet événement, qui permet de présenter les auteurs, passés et présents, au grand public.
Le rôle de l’écrivain aujourd’hui dans la société africaine
Interrogé par La Croix Internationale, l’écrivain béninois Florent Couao-Zotti estime que le contexte actuel est très différent de celui du passé. Selon lui, l’écrivain africain d’aujourd’hui n’a plus la même influence que ses prédécesseurs, qui dénonçaient les tyrans pendant la colonisation et les dictatures, souvent au péril de leur vie.
Aujourd’hui, précise-t-il, l’écrivain africain n’a plus cette aura qui lui permettrait de peser sur les événements. Il n’est plus vu comme celui qui exprime les revendications du peuple. Il est perçu comme un créateur d’imaginaire, racontant des histoires qui, même poignantes et socialement ou politiquement pertinentes, ne lui confèrent plus un statut de figure d’autorité ou de leader. Il apporte seulement un éclairage sur les problèmes contemporains.
Toutefois, la situation de l’écrivain africain a beaucoup évolué de nos jours. Autrefois, la plupart des jeunes écrivains se tournaient vers l’Europe, où un environnement favorable à leurs productions existait, confie Florent Couao-Zotti à La Croix Internationale. Aujourd’hui, les écrivains africains commencent à bénéficier de conditions similaires en Afrique. Bien que cet environnement ne soit pas encore aussi structuré ni développé qu’en Europe, il prend forme : de plus en plus de maisons d’édition font des efforts considérables, des résidences d’écriture sont proposées aux écrivains, des maisons de diffusion des œuvres littéraires émergent, des prix littéraires sont décernés et des salons du livre se tiennent partout sur le continent.
Il est également important de noter que les Africains occupent une place de plus en plus prépondérante dans le monde littéraire, tant sur le continent africain qu’à l’international. Leur présence et leurs contributions deviennent de plus en plus remarquables.
Bambo Nestor NOANTI.
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